Les ailes du désir (extrait)
Paltoquet !
Le portait de Gorbi dans la boutonnière, un brin dandy, Patrick Lowie annonce la couleur : "Le Paltoquet n'est pas un cinéma. C'est un café où l'on projette des films, c'est très différent." Je ne voudrais pas que les gens viennent ici pour voir un film pour la première fois. On voit des gens arriver, descendre dans la cave. Après cinq minutes ils remontent et demandent : "La salle, elle est où ?", alors il faut leur expliquer. Leur expliquer que la salle, elle est ici entre le bar et les tables, que l'unique projo 16mm nécessite jusqu'à 5 interruptions (le saucissonage ce n'est pas qu'à la télé), que le son c'est bien mais si vous savez lire sur les lèvres c'est encore mieux et que l'image qui va avec (si tout va bien) eh bien parfois, elle est légèrement balafrée. mais le comble c'est que tout cela on s'en contrefiche comme Isaac de sa première calotte car le programme est royal, les bouteilles et les barres chocolatées à portée de main. "On n'a pas des grands moyens mais je n'ai plus peur de dire que l'on fait des grandes choses. C'est pas compliqué, quand je ferme ma boîte je vais dormir ! C'est incroyable qu'il n'y a pas plus d'endroits comme ici. L'autre jour, j'étais à Charleville-Mézières, eh bien c'est encore plus animé que Bruxelles."
Le pire, c'est qu'il a raison le bougre.
Renaud Callebaut - avril 1990