Gay Thé

Patrick Lowie, né à Bruxelles en 1964, a d'abord été grand voyageur; puis il a pris la plume. Son troisième livre, publié dans la trop discrète collection Théglacé, raconte des intensités et un éblouissement, mêlant légende et douleur, écorchure et douceur, Algarve et désert. "Comment expliquer au monde que je n'aime que l'amour".

Pourquoi cette mobilité ?
Je ne suis qu’un vagabond. Je voyage dans l’esprit et les émotions. La bougeotte, on l’a ou on ne l’a pas. Je pars nomader dans l’espoir de découvrir l’essentiel et je m’installe dans une tribu. On dialogue. On s’inspire. Ce sont ces rencontres qui nourrissent mon imaginaire littéraire. Plus que les décors des villes et des campagnes. Des rencontres épuisantes souvent. Mais bienfaitrices.

Le narrateur jette un livre de Houellebecq. Quel sens donner à son geste ?
Il y a dans ce roman des gestes ou des mots du narrateur qui sont politiquement incorrects. Et tant mieux. Ce geste exprime un sentiment intérieur de répugnance. Pedro déteste Houellebecq. Surtout parce qu’il s’est senti obligé de le lire. Voilà un auteur qui se transforme en débat de société sans que personne ne sache vraiment pourquoi. Le geste de jeter le livre de Houellebecq est le premier d’une série : se dégager de l’inutile.

Vous écrivez : "La réussite et le bonheur se résument en ces mots : croire en soi".
Être face à soi-même et se sentir à l’aise face aux choix qu’on a faits n’est pas aisé. Et bien, je crois que c’est un exercice nécessaire pour être heureux. C’est une des seules phrases de ce livre que je cautionne entièrement. Et dans laquelle je me retrouve. La réussite, c’est passer outre le regard de l’autre. Le bonheur c’est croire en ce que l’on fait.

Propos recueillis par Marc Emile Baronheid
Dans Week-end Le Vif/L'Express du 16 mai 2003

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