L'enfant du Kerala
« Il est né le divin enfant… » En cette période de Noël, voilà un refrain de circonstance.
Les Éditions Bonobo publient le dernier roman de Patrick Lowie : L'enfant du Kerala .
« Italie 2011. C'est la guerre des Crédibles en Europe. » Vous serez certainement surpris par cette entrée en matière de la présentation. Vous le serez encore plus par la chronologie à rebours de ce roman étrange.
Au début, j'ai eu du mal à cerner les protagonistes. Je me disais : mais de qui parle-t-il ? Le mystère aidant, j'ai poursuivi ma lecture, bercé par le rythme sacrément saccadé de l'auteur. Puis, la musique m'est devenue familière. Les personnages ont pris corps. Leurs relations s'élargissaient à une histoire antérieure. Soudain, chacun d'eux s'est présenté à mon imagination comme des ombres se révèlent quand la fumée se dissout autour des barricades. Je me suis donc laissé porter comme un gamin sur le toboggan d'une existence par procuration. Jusqu'à la fin. Cette histoire colle tellement aux possibles de nos guerres sans nom et pourtant si là, que j'aurais presque pu m'y voir, m'y croire et peut-être y mourir. Sauf que, le livre refermé, j'hésite. Je ne sais pas si j'aurai envie de visiter l'Italie en 2011. Rencontrer les personnages, oui. Mais vivre le carnage ambiant, non. Un frisson s'est alors infiltré dans mes os.
L'enfant du Kerala. Éditions Bonobo, 182 pages, 16€.
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